Après les fortes pluies de début mai, les condi­tions sont tout à fait propices pour trouver le marasme des Oréades (Marasmius oreades). «Marasmius» signifie sec et «oreades» nymphe des montagnes. Son nom explique bien ses capacités de se dessécher facilement et de fructifier en ronds de sorcières. Vous allez immédiatement être séduit par toutes ses particularités. Ce champignon est tout d’abord imputrescible, parfois reviviscent, et va apparaître à plusieurs reprises dans l’année. Ce saprophyte (se dit des végétaux supérieurs, des champignons et des micro-organismes qui se nourrissent de matière organique morte) pousse dans les prairies herbeuses humides en montagne jusqu’en plaine. Habitué des pelouses, il se distingue d’abord par un pied coriace qui peut se tordre plusieurs fois sur lui-même sans se casser. D’autres caractéristiques intéressantes à observer per­mettent une reconnaissance précise du spécimen. Sa silhouette est grêle. Son chapeau varie du fauve par temps humide au beige mat par temps sec; il est dentelé à la marge. Ses lamelles sont de couleur crème, espacées et sinuées. La sporée est blanche. Le marasme des Oréades est tout aussi insolite au niveau olfactif, car il exhale une agréable odeur de flouve (fleur de foin), amplifiée quand il est séché. La saveur est douce, rappelant la noisette. Si tous ces critères sont réunis, l’exercice de détermination est réussi et vous êtes alors récompensé car vous pouvez le déguster. C’est un comestible reconnu, sans le pied. En revanche, ne consommez aucun champignon ramassé sur des sites traités. Attention aussi aux risques de confu­sion avec les clitocybes blancs toxiques qui poussent dans les mêmes situations, mais qui ont des lamelles serrées, peu décurrentes et dégagent une odeur désagréable de farine rance. Au moindre doute, adressez-vous à un contrôleur officiel.

Véronique Niklas-Lyon

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