Le repos de la nature touche à sa fin et les inconditionnels des excursions mycologiques regardent le calendrier pour voir les déclinaisons et les phases de Lune. Les plus affûtés d’entre eux observeront, dans les lisières de forêt ou directement dans les endroits jardinés de nos villes et villages, un champignon blanchâtre, blanc beige, blanc crème. Il s’agit d’Agrocybe dura. Si nous vous parlons aujourd’hui de ce champignon, c’est parce que le thème mycologique de l’année est «Les champignons de ma rue». Son diamètre moyen est d’environ 5 cm avec une marge contenant souvent des restes de voile fugaces. Le pied peut être orné d’un anneau, mais aussi des restes de cet anneau, ou parfaitement glabre. La chair est ferme et la cuticule généralement finement ridulée. Toutefois, par temps sec, la cuticule est souvent crevassée. De nombreux sosies de ce champignon poussent dans les mêmes endroits que lui. Certains avec un pied bulbeux et des rhizomorphes (cordons mycéliens grossiers attachés à la base du pied) comme chez Agrocybe putaminum. Une troisième espèce, souvent observée, est Agrocybe praecox. Différencier ces trois espèces les unes des autres n’est pas chose aisée. C’est la raison pour laquelle nous recommandons toujours de prendre un exemplaire entier de l’espèce trouvée pour l’amener au contrôleur. En le retournant, on remarquera la présence d’un sporophore à lames colorées de brun. Pour les profanes, ce sera un soulagement, car ils savent se méfier des champignons blancs à lames claires ou blanches qui sont souvent toxiques. Les espèces décrites ici sont toutes les trois comestibles, mais gustativement médiocres. On évitera donc de les consommer, sinon en très petites quantités. Cela d’autant plus que, si vous herborisez dans les copeaux des massifs d’ornement se trouvant en ville, ces agrocybes seront chargés de métaux lourds.

Texte: Pierre-Alain Lapaire, photo: Francis Meigniez


 Agrocybe dura

 

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