Les nébuleux et les pieds bleus 

Vous souvenez-vous, au printemps, de mon histoire de « Ronds de sorcières », liée à la pousse des champignons ?

 

Tout comme le printanier Tricholome de la Saint-Georges, le Clitocybe nebularis, plus communément appelé "petit gris" et son proche voisin le Lepista nuda, soit le  "pied bleu", ont ce même principe de pousse en cercle.

 

L’odeur particulière du petit gris, très fruitée voir écœurante, se reconnaît bien et elle est une bonne façon de le repérer. Son faux-ami l’entolome livide, très toxique, a pour différence l’insertion des lames sur le pied .Celles-ci sont émarginées, c’est-à-dire écartées du pied, alors que pour le clitocybe nébuleux, elles sont décurrentes, ce qui veut dire qu’elles suivent le pied en descendant sur celui-ci. 

 

Autre phénomène à constater sur l’entolome livide, à maturité lorsque le champignon développe sa sporée (graine reproductive), les lames de celui-ci vont se colorer de rose, alors que la sporée du petit gris est blanche.

 

Le clitocybe nébuleux est parfois mal toléré par ses consommateurs, car il peut provoquer des troubles gastriques ou indigestions. Voici quelques astuces afin de mettre toutes les chances de son côté et ne pas subir d’éventuels maux d’estomac : Peler le champignon, puis lui donner une à deux ondées avant de bien le rincer à l’eau froide, puis le cuisiner au minimum 20 minutes. Après l’avoir pelé, vous pouvez également le mettre à sécher afin de le consommer ultérieurement.

 

Parlons maintenant un peu du pied bleu, son odeur est également assez fruitée et il est plutôt facile à reconnaître, grâce notamment à la couleur de son pied… bleu évidemment (quoique souvent lilacin)! On pourrait éventuellement le confondre avec un cortinaire de couleur assez similaire mais encore une fois, l’odorat pourra nous être d’un grand secours.C’est un champignon que l’homme cultive et l’on peut le trouver dans certaines grandes surfaces. Il est excellent avec une sauce blanche, le tout nappant des tagliatelles par exemple.

 

On entend souvent ce genre de réflexion : « Tous les champignons bleus sont bons, tous les blancs sont toxiques… » Eh bien non, il n’existe aucune règle fiable quant à la comestibilité des champignons en lien avec leur seule couleur. Chaque spécimen doit être étudié scrupuleusement et tous les critères pris en compte lors de sa détermination. A bon entendeur, salut !

 

Frédérique Clerc, St-Sulpice (NE)

 

 Clitocybe nebularis ("Nébuleux")

 

 Lepista nuda ("Pied bleu")