St-Georges et ses Ronds de sorcières

 

Trois petits tours et puis s’en va, la sorcière est passée par là ! Mais que vient faire une sorcière dans le monde fongique ?

 

Justement, je vais vous parler d’un champignon printanier qui pousse en « ronds de sorcières », il s’agit du Calocybe gambosa, communément appelé le Tricholome de la St-Georges ou Mousseron de printemps, en raison de son apparition aux alentours du 23 avril, fête de la St-Georges. C’est en général lors des premières douceurs d’avril que cette espèce pointe le bout de son nez, le long de cercles plus ou moins grands.

 

Ce champignon est ce qu’on appelle un « saprophyte », ce qui signifie qu’il se nourrit de substances mortes ou en voie de décomposition. Il s’installe sur divers substrats comme l’humus et débris végétaux (bois mort, écorce, feuilles…). Il aura une préférence pour un substrat en particulier, ce qui peut faciliter l’endroit où le trouver. Alors, si l’on est un tant soit peu observateur, le lieu de notre première cueillette pourra nous aider à trouver les suivants.

 

On peut observer un phénomène assez spécifique aux « ronds de sorcières »: la couleur très verte de l’herbe autour du cercle, ceci étant dû à la libération de substances nutritives par le champignon après croissance du mycélium. On peut donc repérer « un coin » sans même y trouver de sporophores.

 

Lié aux feuillus et conifères, le Tricholome de la St-Georges se trouve également dans les parcs et endroits herbeux comme les vergers et prairies, surtout dans des zones calcaires. Si c’est un excellent comestible, les champignons blancs font toujours peur aux cueilleurs, car la confusion avec une amanite blanche reste possible.  En ce début de saison, on pourrait faire une mauvaise rencontre avec l’Amanita verna, soit l’amanite printanière, vénéneuse et potentiellement mortelle!

 

La prudence s’impose donc, mais pour bien reconnaître le Tricholome de la St-Georges, la mémoire olfactive peut être d’un grand secours, car celui-ci a une odeur de farine très prononcée. Et pourquoi ne pas faire appel à un contrôleur VAPKO, lequel se fera un plaisir de vérifier votre cueillette !

 

Texte : Frédérique Clerc, St-Sulpice (NE)

Photo : Benoît Peyre

 

 

 

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