L’hygrophore de mars

Bon nombre d’anecdotes sont racontées sur l’hygrophore de mars ou Hygrophorus marzuolus. Le terme hygrophore signifie « porteur d’eau » car ce champignon, à plus d’un titre exceptionnel, pousse souvent dans les milieux humides et a un aspect généralement visqueux. Celui de mars est lié au « Dieu romain de la guerre » Mars à qui on a attribué le troisième mois de l’année.

« Il est le tout premier ! » disent les mycologues en parlant bien sûr des comestibles ! C’est un phénomène exceptionnel pour un champignon supérieur charnu ! Il apparaît généralement en mars, mais en cas de redoux, à mi-février déjà. Il est principalement présent dès 700 mètres d’altitude.
L’hygrophore de mars est très difficile à dénicher ! Pour le trouver, il est indispensable de se promener parmi les résineux, les bois mêlés en terrain calcaire ; de chercher de petits monticules car cet original pousse seul ou « en  nids »  caché discrètement sous les aiguilles de conifères, les feuilles mortes, et même enfoui dans la terre ; de repérer les « pétoles » de chevreuil ou les petits morceaux de ce champignon laissés par les mulots ou les écureuils qui en sont très friands.
L’hygrophore de mars change de couleur. Entièrement blanc quand il sort de terre, le chapeau prend des couleurs gris-brun, noircissant dans la vieillesse. En dessous, les lames sont espacées, descendent sur le pied et restent claires, contrastant avec les tons du chapeau.
Délicat malgré une forme robuste, il est friable et vieillit rapidement. Sa saveur est douce, d’un goût très fin et délicat. Il exhale une odeur fraîche, rappelant pour certains la rose.
Ramassé longtemps en quantités ce champignon est aujourd’hui en danger. Il est inscrit sur la liste rouge des champignons supérieurs menacés en Suisse. Il est donc recommandé de renoncer à l’envie de le consommer.  Il faut plutôt le photographier si vous le découvrez et ne déterrer délicatement  qu’un ou deux spécimens sains. Cela vous permettra un exercice de détermination et exceptionnellement une mini- dégustation ! Il y a peu de risques de confusion car il est le seul champignon à pousser à cette période. En cas de questions, contacter l’association des contrôleurs officiels  de champignons (www.vapko.ch) ou la Société Mycologique de votre région.  


Texte : Véronique Niklas-Lyon, Le Mont-sur-Lausanne
Photos : Eric Strauss, Belmont-sur-Lausanne

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