L’année mycologique 2011 vue depuis le Centre toxicologique Suisse

Au cours de l’année 2011, le Centre toxicologique Suisse a franchi un nouveau nombre record de demandes. Pour la première fois, la barre des 35'000 a été dépassée. En tout, 35'568 consultations ont été offertes, ce qui correspond à une augmentation de 14% depuis 2006.
Les demandes sur les champignons ont compté pour 722 appels et e-mails, à peine moins que pour 2010, avec 733 demandes. Le pourcentage des questions posées reste à 2 % du total des demandes adressées au Centre. 101 demandes concernaient des points théoriques sur le total des 722 questions. Ces demandes sont importantes avant tout, car elles peuvent protéger une personne d’une intoxication future, si l’on peut par exemple, indiquer où se trouve le poste de contrôle le plus proche. 621 appels concernaient 476 patients humains, 19 animaux dont des chiens, des chats, des ânes, des chevaux et une tortue.
La quantité des consultations est bel et bien influencée par les fluctuations saisonnières; le début de la saison reine des champignons, à savoir le mois de septembre, marque le début d’une hausse forte dans le reflet des statistiques annuelles.

En tout, un lien direct pouvait être prouvé entre le repas de champignons et les symptômes pour 85 réponses médicales (l’an passé, 77). Dans un seul des cas, la patiente a été testée positivement à l’amatoxine, étant donné que le contrôleur de champignon avait trouvé dans les restes de repas des fragments d’Amanita virosa, le résultat était une confirmation d’un état de fait connu. Les symptômes de la patiente étaient vraiment typiques pour un syndrome phalloïdien, et avant la réception des résultats, le traitement avait déjà été entrepris. Comme cela se présente occasionnellement, la victime s’est présentée dans ce cas, de nombreuses heures après le repas à l’hôpital, après que la première phase de fortes cholérines avait déjà été surmontée. Les caractéristiques d’un arrêt des fonctions hépatiques étaient déjà évidentes. Le traitement immédiat avec du charbon actif, la silibinine (antidote) et les médicaments protecteurs du foie sont vitaux. Grâce à ce traitement de médecine intensive, la patiente a pu être sauvée.
Ainsi, la tendance à l’augmentation des intoxications aux champignons contenant des amatoxines (Amanita phalloides, A. virosa, A. verna, Galerina marginata, Lepiota sp.) ne s’est pas heureusement et provisoirement pas poursuivie, comme cela était le cas au cours des dernières années, (cependant, à ce propos, voir le rapport annuel 2010, dans le BSM 3/2011). Il y a lieu de rester vigilant en observant attentivement. Le tableau suivant présente une liste des espèces qui ont mené à des symptômes d’intoxication, et par conséquent, vers une consultation médicale.

Champignon du gazon

L’an passé, il y eut beaucoup d’enfants aventureux dans les jardins et les prés. 119 demandes ont concernés des enfants pour des champignons du gazon. Dans 5 cas, ces appels ont concerné des animaux. En tout, 93 patients ont été enregistrés. Dans 25 cas, grâce aux contrôleurs de champignons, resp. aux experts de champignons de pelouses, les espèces ont pu être identifiées et la fin de l’alerte a pu résonner. En comparaison avec l’année précédente, les demandes ont légèrement augmenté pour ce qui est des accidents mettant en cause des enfants. En tout, 35 rapports de contrôleurs ont été rédigés ; parmi ceux-ci, 25 ont pu être liés à des demandes formulées auprès du Centre toxicologique. Ainsi, des indications importantes ont pu alimenter la base de données afin d’en améliorer la qualité. Que toutes les contrôleuses et tous les contrôleurs de champignons soient ici remerciés pour leur travail excellent dans les postes de contrôle pour la santé du public.

MED. PRACT. KATHARINA SCHENK-JÄGER

Traduction J-J. ROTH

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